Il est un point en lequel ceci et cela, pierres et plumes, se fondent. Et ce moment ne se situe ni avant ni après, au commencement ou à la fin des temps. Il n’est pas plus le paradis natal ou prénatal que le ciel supra-terrestre. Il n’existe pas au royaume de la succession, qui est précisément celui des contraires relatifs, mais il est en chaque moment. Il est chaque moment. Il est le temps même s’engendrant, surgissant de soi, s’ouvrant à un achèvement qui est un commencement continuel. Jaillissement, source. Là, dans le sein de l’existence — ou mieux, de ce qui est s’existant — pierres et plumes, le léger et le lourd, naître et mourir, sont un et le même. Octavio Paz, L’arc et la Lyre